Constantin ROZANOFF


GC 2/4
GC 2/5 Lafayette
GC 2/3 Dauphiné


Cdt Rozanoff en Tunisie, début 1943.



sources :
Les pilotes de chasse fr. 39-45, C-J Ehrengardt.
Chasseurs en vue, on attaque ! Legrand.
Chronique de l'aviation.



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Né le 23 août 1905 à Varsovie (Pologne). Descendant d'une famille aristocrate russe, Constantin Rozanoff émigre en France avec ses parents suite au coup d'état soviétique d'octobre 1917. Il est naturalisé français dix ans plus tard. Très tôt passionné par l'aviation, il passe avec succès ses études d'ingénieur à l'école Centrale et à l'école supérieure de l'aéronautique. En 1928, il effectue son service militaire au sein du 34e régiment d'aviation d'observation au Bourget. Continuant dans cette voie, il accomplit ses classes d'officier de réserve à Avord, puis obtient son brevet de pilote militaire et son affectation au 12e régiment d'aviation de Reims en 1930. Ses évolutions au sein de l'armée de l'air le conduisent à des postes surtout techniques et administratifs. Il est affecté en avril 1935 au centre d'essai aéronautique de Villacoublay, puis il est nommé capitaine en juin. Dès lors, il ne cesse de piloter différents avions, décelant les moindres défauts et les principales qualités de ces appareils. Ce métier de Pilote d'essai est un métier dangereux, il le découvre à ses dépens en octobre 1937, lorsqu'il doit évacuer en parachute un Hanriot qu'il avait mis en vrille mais qu'il n'a pas réussi à redresser.

Lorsque la guerre est déclarée en septembre 1939, Rozanoff, surnommé "kostia" dans l'univers de l'aéronautique, demande à être affecté en escadrille afin de participer plus activement à l'effort de guerre. Entre temps, il est désigné pour piloter un Bf 109 capturé intact par l'armée française. Ce convoyage se termine mal, car voulant effectuer un tonneau symbole de victoire, il accroche le Curtiss du sous-lieutenant Baptizet². Empennage déchiqueté, Rozanoff se voit contraint de sauter en parachute. Ceci ne l'empêche pas d'être affecté au GC 2/4 en février 1940, en tant que commandant en second. Au sein de ce groupe de chasse, il est très apprécié de ses camarades grâce à son courage, sa ténacité et sa vitalité ; mais aussi grâce à son grand sens de l'humour et son franc parlé face à ses compagnons de combat, mais aussi face à ses supérieurs, ce qui n'est pas du goût de certains généraux. Lorsque l'armistice est signé, Kostia est affecté à différents postes de l'Etat Major de l'armée de l'Air en Afrique du Nord. Après le débarquement allié de novembre 1942, il est nommé commandant du GC 2/5 Lafayette, qu'il mène au combat lors de la campagne de Tunisie. Ses qualités de meneur d'hommes en vol lui font privilégier les techniques de combat plutôt que d'enrichir son palmarès personnel. A la fin de la campagne de Tunisie, il est désigné adjoint au directeur des écoles de pilotage d'Afrique du Nord. Il reprend sa place au sein d'un groupe de combat le 16 juillet 1943, en prenant la tête du GC 2/3. Nommé lieutenant-colonel en décembre 1943, Constantin Rozanoff part pour la Grande-Bretagne où il est affecté à différents postes, et où il effectue deux stages, dont un à l'Empire Central Flying School, où il fait l'unanimité auprès de ses instructeurs grâce à sa forte personnalité.

Après la guerre, il part pour les Etats Unis où il effectue son premier vol sur avion à réaction au mois de juillet 1945. À la fin de cette année, il rentre en France où il aide à mettre sur pied la base aérienne de Mont-de-Marsan, dont il devient le directeur avec le grade de colonel. En octobre 1946, il met un terme à sa carrière militaire pour entrer chez Dassaut en tant que directeur des essais en vol. Il est d'abord chargé de la mise au point du MD.450 Ouragan (dont il effectue le premier vol le 28/02/49), puis de la série des Mystère. Il est le premier à passer le mur du son en vol horizontal dans un appareil de fabrication française, le Mystère IV, le 24 février 1954. Hélas, le 3 avril 1954, c'est aux commandes de ce même avion qu'il trouve la mort. Lors d'une éblouissante exhibition devant des officiers français et britanniques, il décide de tenter de dépasser le mur du son en rase motte, exploit encore jamais réalisé. Suite à une défaillance du circuit électrique de commande de la profondeur, l'aileron du Mystère IV bascule en position piqué juste au moment où Kostia débute son vol à basse altitude. Son avion percute le sol de plein fouet et explose en une immense gerbe de feu. Ainsi disparaît à l'âge de 49 ans Constantin Rozanoff, une véritable légende de l'aviation.

JBR

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16 mai 40 Ju 86 entre Fismes et Reims
H-75
2
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18 mai 40 Hs 126 2 km O de Rethel
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