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sources :
Pilotes sur l'AFN & Corse, Decot, p26.
Arènes du ciel M. Verrier, p131.
Claimfilm mto 41-43, T. Wood.
La 2e GM n°5, p1270.

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6e victoire du lieutenant Marcel Hébrard


Thélepte (Tunisie), le 15 janvier 1943


Depuis le débarquement des Américains en Afrique du Nord en novembre 1942, c'est un bouleversement total de l'équilibre des forces armées en présence. Rapidement pour l'armée française d'AFN, les ennemis d'hier deviennent alliés et inversement. Surtout à partir du 11 novembre, quand les Nazis envahissent la zone Libre en France et décident de prendre pied en Tunisie.

Le Groupe de Chasse 2/5 Lafayette (nouvelle appellation depuis décembre 1942) est la première formation française équipée de matériel américain. Avec ses Curtiss P-40F, il est désigné pour rejoindre le front tunisien sous la houlette du 33 Fighter Group US. Les premiers appareils arrivent le 11 janvier 1943 sous les ordres du commandant Rozanoff².

Le 15 janvier à 14h30, les lieutenants Trémolet³ et Hébrard décollent pour assurer une patrouille de couverture du terrain de Thélepte, situé sur un plateau à 800m d'altitude. Ils prennent le relais du Lt Legrand et de l'adjudant-chef Verrier qui reviennent après une heure de ronde dans un ciel totalement dégagé. Au bout de 20 minutes, le contrôle radio est avertit de l'arrivée imminente de bombardiers allemands par le sud. Etant une des principales bases avancées alliées, Thélepte, qui héberge des chasseurs P-39 et P-40 et des bombardiers Boston, est une cible privilégiée de la Luftwaffe.

Il y a trois jours de cela, la patrouille française qui effectuait sa première mission de couverture, se fit surprendre par la chasse allemande. La radio au sol en panne à ce moment crucial ne put alerter les pilotes ; l'Adc Delannoy fut terrassé par les rafales d'un Fw 190, ainsi que le Lt Le Stum² qui fut blessé, il réussit tout de même à poser son appareil sur le ventre. Hébrard, lui-même, reçut une giclée qui laboura la queue de son appareil, il parvint à regagner le terrain sans encombre, persuadé de s'être fait tirer par un P-40.

C'est fois-ci, tout fonctionne, l'alerte est donnée. Du terrain décollent en renfort trois patrouilles du 33th Fighter Group américain. Bientôt apparaissent neuf Ju 88, et par formation de trois, ils piquent sur le terrain à tour de rôle et larguent leurs bombes sur les Boston stationnés sur le terrain. Les P-40 américains attaquent, deux Junkers se percutent en vol. Les Français s'en prennent au dernier peloton, deux des trois bimoteurs allemands tombent en flammes. L'escorte plutôt discrète profite que Trémolet s'affaire sur son bombardier pour l'arroser au passage. Son P-40F (codé 4) endommagé, son train refuse de sortir, il effectue donc un parfait "belly-landing". Les Américains ne laisseront aucun Junkers s'échapper. L'un d'eux, le Captain Boon, fut crédité de quatre victoires.

D'après le seul aviateur allemand rescapé, les bombardiers provenaient d'une base en Sicile. L'escorte était assurée par des Bf 109G de la II./JG 51 basée à Gabès, elle revendique deux victoires. Trémolet fut certainement victime du Leutnant Furch de la 5e Staffel.


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